Café des parents: Pour une utilisation consciente des écrans

Le but de ce café était de conscientiser les parents sur l’utilisation des écrans par leurs enfants au travers d’études scientifiques. Les statistiques citées sont présentées comme des indicateurs que chacun pourra replacer dans sa réalité avec ses enfants et son quotidien.

Quelques chiffres:
29% des enfants âgés de moins de 12 mois regardent la télévision et des vidéos en moyenne 90 minutes par jour et 23% ont une télévision dans leur chambre
64% des enfants âgés entre 1 et 2 ans regardent la télévision et des vidéos en moyenne plus de 2 heures par jour et 36% ont une télévision dans leur chambre
– Un enfant âgé entre 2 et 5 ans consomme au moins 2.2 heures d’écrans par jour
– La durée moyenne passée devant un écran pour un enfant âgé de 7 à 11 ans est de 2h53
– La durée moyenne passée devant un écran pour un enfant âgé de 11 à 14 ans est de 3h34

Selon le docteur Ducanda, on parle de surexpostion qui entraîne des troubles à partir de:
15 min par jour pour les 0-3 ans
30 min par jour pour les 3-6 ans
3h par jour pour les 7-14 ans

Selon l’Académie de médecine de pédiatrie française et américaine, les conséquences directes sont des troubles de l’apprentissage (langage), des troubles de l’attention et de la concentration ainsi qu’une incidence sur le surpoids et l’obésité!

Quelques idées reçues passées au crible:
– Nos enfants sont des digitals natives MAIS les chercheurs de l’Univsersité de Stanford ont mis une évidence une incompétence à gérer l’information sur internet. Il est donc impératif de les accompagner.
– Ne pas équiper un enfant d’un smartphone n’est pas un frein à l’apprentissage du numérique.
– Les enfants ne sont pas multitasks et font simplement du zapping entre les différentes applications, activités.
– Il est vrai que le cerveau des gamers présente certaines zones plus développées… ce qui est également le cas pour n’importe quel enfant passant régulièrement du temps sur une activité particulière (art, musique etc).

Chez les tout-petits, les apprentissages se font en manipulant. Répéter les mots sans les lier à des expériences vécue n’entraine pas un apprentissage. De plus, les mots ne servent plus à communiquer. Les écrans captent l’attention involontaire. Une surexposition peut avoir un impact sur le sommeil et peut mener à des comportements qui font penser à des troubles autistiques.

Entre 3 et 6 ans, les écrans peuvent être introduits mais ne sont pas d’une grande utilité et peuvent avoir des conséquences néfastes pour les enfants. Ils ne peuvent jamais être utilisés sans accompagnement. Privilégiez les jeux en famille et à l’extérieur: parc, bois, promenade même si cela ne dure qu’un quart d’heure, cela répondra aux besoins fondamentaux liés à l’âge de vos enfants.

Entre 6 et 9 ans, vous pouvez laisser votre enfant passer plus de temps en autonomie devant les écrans mais fixez une limite et veillez à ce que ce temps ne se substitue pas à des activités en extérieur.

A partir de 9 ans, vous pouvez initier votre enfant à internet mais aussi et surtout aux notions essentielles telles que la protection des données, le respect de l’intimité et de la vie privée.
! Respecter les âges des réseaux sociaux (interdits au moins de 13 ans)
! Pas d’écrans dans la chambre des enfants
! Limiter et responsabiliser le temps d’écrans

A partir de 12 ans, laisser votre enfant naviguer en autonomie sur internet en plaçant l’ordinateur ou la tablette dans une pièce commune.
! Respecter les âges des réseaux sociaux (interdits au moins de 13 ans)
! Pas d’écrans dans la chambre des enfants
! Limiter et responsabiliser harcèlement, violence, contenus inappropriés

Quelques applications productrices de contenus pour les 6+:
filmspourenfants.net: Site pour consulter la classification des films en fonction des âges
Scratch: codage et production plateforme conçue pour les enfants
COOD: plateforme de création de jeux vidéos pour les enfants
ankidroid: flash cards , cartes de révision

Avis des experts en neurosciences:
– Selon Stanislas Dehaene, les parents ont un rôle fondamental dans le développement du cerveau de l’enfant par un accès à un environnement cognitif riche.
– Selon Michel Desmurget, chercheur l’Inserm spécialisé en neurosciences cognitives, l’abus d’écrans récréatifs est réellement néfaste pour les enfants.
– Selon Nawal Abboub docteur en sciences cognitives, nous n’avons pas assez de recul. Selon elle, ce qui peut causer des dégâts, c’est surtout le mésusage des écrans ainsi que le manque d’interactions.
– Les sollicitations de toutes parts épuisent rapidement notre cerveau: nous ne sommes pas adaptés pour du multitask efficace!

Quid des réseaux sociaux?
Les applications américaines, récolte de données personnelles à 13 ans mais en France par exemple la loi a fixé la majorité numérique à 15 ans!
La course aux likes influence les comportements de nos enfants.
Violence, harcèlement et hypersexualisation des enfants
Permanence des videos publiées par nos enfants

La violence et les images à caractère sexuel
– Sur internet, nos enfants peuvent accéder involontairement à des images pornographiques, ces images peuvent entrainer un réel traumatisme et hanter longtemps nos enfants.
– Banalisation de la violence en jouant à certains jeux de guerre
– Idées fausses de la sexualité, image dégradante de la femme
– Au niveau du développement de l’enfant, cette exposition précoce peut avoir de graves dégâts sur nos enfants qui sont à un stade de développement d’une période appelée « latence » permettant la concentration sur d’autres apprentissages.
– Les enfants ne font pas la distinction entre réalité et fiction

Ils ont assisté aux café et témoignent:
– « Contenu intéressant et très bien présenté »
– « Je suis totalement satisfaite de cette belle rencontre. Le sujet est plus que d’actualité et d’une importance capitale. »
– « Merci à l’école des étoiles pour l’organisation de ce café. Encore une fois, le sujet était très intéressant et on ressent bien qu’il y a eu beaucoup de travail pour préparer la présentation. La formatrice met directement le groupe à l’aise et fait preuve de beaucoup d’empathie. »
– « Le 11 mars dernier, en matinée, aux Etoiles, nous attendaient chaleureusement une petite salle bien préparée, du café, des biscuits et…un super contenu! En effet, la thématique des « Ecrans » nous a été présentée par madame Chatila. Loin de toute culpabilité, c’est un contenu de chiffres, de constats, de mises en garde aussi, qui nous a été partagé. Si cette question est présente dans toutes les familles, on a toutes et tous des manières différentes de l’appréhender. Au programme, il y avait aussi des astuces pour « garder un regard » sur les programmes et applis de nos enfants. Ces temps collectifs sont précieux dans une société où l’éducation des enfants est de plus en plus renvoyée à la sphère individuelle. Des moments d’échanges, de partage et de bons plans pour avancer, tous ensemble, vers une éducation aussi bienveillante que possible pour nos petits trésors:-) Tout cela crée un chouette lien entre l’école et les parents…nous vous y attendons nombreux la prochaine fois! »

Quand les enfants prennent la place du professeur pour raconter une histoire

Depuis la classe d’accueil, nous lisons beaucoup de livres aux enfants afin de leur communiquer l’envie de lire.

De cette manière, nous essayons d’instaurer le plaisir de découvrir de nouvelles histoires et de donner l’envie aux enfants d’en dévorer d’autres tout seul.

Maintenant que les enfants sont en deuxième année et qu’ils connaissent les codes de la lecture, la main leur a été donnée pour ce temps de partage d’histoires.

C’est sur base volontaire que certains enfants se proposent pour raconter eux-mêmes une histoire, un album, à la classe. Ils proposent un de leurs livres préférés dans le but de le lire à la classe, juste comme ça, pour le plaisir….

Les enfants désireux de lire un livre à leurs camardes s’inscrivent sur une liste laissée ouverte au coin bibliothèque. C’est ainsi que tous les vendredis après-midi, la semaine se termine avec un moment de conte créé par un enfant.

Cet enfant a attendu son tour et en a profité pour préparer son livre afin de rendre sa lecture agréable et pleine de rebondissements.

Il a eu l’habitude, pendant plusieurs années, d’entendre ses professeurs lire des histoires avec intonation et il essaye d’en faire autant. Il remarque que c’est grâce à la maîtrise du texte, de la ponctuation et donc de la mise en place de l’intonation qu’il y arrive. Du coup, il est motivé à s’exercer et à s’améliorer.

Il y a un réel respect de la classe par rapport aux lecteurs n’ayant pas tous la même aisance et la même capacité à projeter leur voix au départ. Malgré cela, chaque lecture est d’une grande qualité et c’est la fierté qu’éprouve l’enfant-lecteur qui est la plus importante.

Cette fierté est également créée par le fait qu’une place spéciale est réservée dans la classe au petit lecteur et c’est une peu comme un petit roi qu’il entame son histoire.

Voyant tout l’apport pédagogique lié à ce moment de lecture et remarquant les progrès que cette activité fait naitre chez les enfants dit « moins bons lecteurs », ce partage de livres restera encore longtemps instauré dans ma classe.

Delphine Posschelle